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Back in 1955 : Cecilya and The Candy Kings

J’enfile mon costume, mes chaussures de brogue noires et blanches, mon feutre et je grimpe dans ma vieille Plymouth Fury décapotable noire, direction le cinéma en plein air. 1955 est dans l’air. Il flotte comme une atmosphère légère et le « Maybeline » de Chuck est sur les ondes tandis qu’ Elvis se déhanche sur « Heartbreak hotel » devant les écrans cathodiques. Cecilya & The Candy Kings débarquent sur les ondes. Ce soir je suis de sortie.


« Back on 1955 » annonce la couleur. Me voici entouré de Marylin et James Dean en train de déambuler sur le son des telecaster, des trémolos, des ivoires bien noires et des contrebasses qui « marchent » sur le Groove. Bon sang, cela fait du bien cette bonne humeur, cette voix puissante qui déambule entre les croches.


« I’ll take you to the party » confirme l’impression. Ce soir, on va danser baby, façon James Hunter mais en plus sexy. Cecilya et les rois du sucre nous saupoudrent un riff bien caramel au Rythmn & Blues sauce banane plantain. Les cuivres de Sax Gordon sont absolument démentiels et le boogie du pianiste jamais bien loin. Etta, où donc étais-tu passée?


« From Barcelona » pourrait nous laisser croire qu’ils sont là bas mais non, impossible. Cette fille sur la pochette sort tout droit de l’époque des pin-up, des affiches sexistes de l’époque, la soumission en moins. Elle roucoule dans son micro vintage, gémit puis rugit par moment. Le Groove du batteur Adrián Carrera me fait penser à un Max Roach qu'un Ray Charles sous héro aurait débauché. Ma Plymouth en redemande, je fais vrombir le moteur et pousse la radio en sifflant sous la lune. Les arrangements de cuivres sont de l'orfèvrerie, ni trop, ni trop peu. Ils te piquent les hanches et te donnent envie de danser le twist. It feels like Paradise.


Rodolphe Dumont sur « Evening  » de Cab calloway est au charbon dès l'introduction. On sent le passif du bluesman. Il bende légèrement les notes aigues et fait chanter les bleues en finesse avec un lyrisme redoutable. C'est Orphée qui s'adresse aux anges. Je ne sais si je suis à Barcelone, à Paris ou à New York mais je m’en fiche. Là d’où ces Grooveurs de sucre jouent, émane une lumière fantastique. C’est rafraîchissant. Les notes de piano de Dan Martin s’égrènent à une allure vertigineuse et nous emmènent vers des sommets de luxure. Les musiciens dialoguent, se répondent en 7ème et moi je me pâme de bonheur en poussant les fréquences de Jorge ortero qui tout en feeling pousse ma Plymouth vers les côtes de la Méditerranée, direction les Ramblas. Décidemment il faut que je vois la mer.


« Wild Soul » est Wild. Cecilya est de mauvaise humeur. Je ne sais qui est l’inspirateur mais il a dû passer un sale quart d’heure. Se faire larguer sur un Rythmn & Blues de ce calibre, c’est dommage quand même. La guitare en rajoute une couche et le saxophone l’invective aussi.


Je devais aller voir un film mais finalement je vais plutôt aller danser en bord de mer car ce « Don’t leave me in the darkness » me donne envie de partager l’énergie de ces glorieuses années et de ressentir mon corps. Je vais ravaler ma fierté et inviter la première que je croise à tournoyer avec moi sur ce shuffle en écoutant le piano me raconter l’histoire des cœurs brisés sur la route 66, façon 1955.


« Gimme one night » correspond exactement à mon programme. Fury Blues sur la jetée, lancée de hanches sur le dancefloor, sourires racoleurs, je fais le beau et danse au volant de mon tas de ferrailles. C’est tellement étonnant d’entendre toutes ces musiques ressurgir du passé que les passants s’arrêtent et me regardent en souriant. A force de regarder MTV, on en oublierait presque qu’il y a encore des musiciens sur terre. Et pas des moindres; ces types sont sensationnels. Par contre, en live, je veux la version 78 tours hein. Pas de blagues, je ne compte pas rentrer seul. Burt Lancaster est de retour.


« What about love » vient clôturer l’exercice et me laisser sur ma faim.


Cela me va très bien puisque de les toutes manières je vais tout réécouter avec cette sublime catalane qui s’est désormais installée sur les sièges en cuir. Cheveux auburns au vent, on file à un petit 55 le long des quais en souriant bêtement devant ce miracle de la musique. Je ne sais pas comment elle s’appelle et je m’en fiche, nous sommes joyeux.

Le roi du sucre, c’est moi et je ramène Ava Gardner au bercail. Ce soir, je veux conduire, sourire, écouter Cecilya et me noyer dans les yeux d’Ava. Les humains n’ont qu’à nous juger s'ils n'ont rien de mieux à faire. This is the time of my life et nous voulons tous les deux du Dirty dancing. 


Cet album est une réussite ! Nul doute que les auteurs de bonheur parfait sauront trouver la route vers le succès qu'ils méritent amplement. En attendant, Ô lecteur, tu m'excuseras mais j'ai quelques pas de danse qui m'attendent et je compte bien marcher sur les pieds de quiconque viendra se mettre sur mon chemin.


Disponible en CD, vinyle et digital

(Meseta Records)

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